La maison haricot, une icône du modernisme à Lannion

Crédit photo : Michel Ogier

Crédit photo : Michel Ogier

 

Réputée pour sa forme singulière et son architecture moderne, la maison réalisée par Roger Le Flanchec à Lannion, conserve toute son originalité, 65 ans après sa construction.

Avant de rencontrer Roger Le Flanchec, Marie-Jo et Emile Orain, ont-ils rêvé de confier la construction de leur maison à Le Corbusier ? Par pudeur, ce couple charmant n’en fera pas la confidence tant il goûte toujours au plaisir de vivre dans cette habitation si singulière.

Au détour des années 50, ces amateurs d’architecture moderne ont en tête un projet de construction sur un terrain exceptionnel, à Brélévenez, un belvédère au-dessus de la baie de Lannion. Tout imprégnés des lumières de la chapelle de Ronchamp et des grands principes de la charte d’Athènes, ils savent ce qu’ils veulent : une maison d’architecte, sur pilotis, très vitrée, avec une vaste salle de vie pour accueillir leurs nombreuses réunions associatives.

Mais l’époque est plutôt au style régionaliste néo-breton… Un ami leur présente néanmoins un architecte du cru : Roger Le Flanchec. Celui-là même qui va défrayer la chronique quelques années plus tard en signant l’immeuble Hélios, une cité radieuse à Trébeurden, et des « manoirs » futuristes.

« C’était un original. Une forte personnalité. Partant des grandes lignes du programme, il nous a proposé cette construction en forme de haricot, surélevée, entièrement ouverte côté mer », se souvient Marie-Jo. La maison initiale – avant extension-, est implantée en limite de propriété, dans la largeur de la parcelle, orientée sud-est, face à la mer.

Architecture navale

Le plan décrit réellement une forme organique allongée qui s’appuie sur un mur maçonné et surmontée d’une cheminée inspirée de celle des paquebots. Côté nord-ouest, cette façade en granit, opaque, fait référence à la tradition bretonne. L’autre, côté sud, sur pilotis, s’ouvre sur le jardin et la vue. Le projet met en œuvre le principe du plan libre et de la façade rideau, libérée par des poteaux porteurs, de ses contraintes de charges.

A l’intérieur, le plan s’enroule autour d’un noyau central. Ce volume « servant » fermé autour duquel on circule librement, est organisé en trois séquences : la cuisine laboratoire très compacte, inspirée de celle de Charlotte Perriand s’ouvre et se referme comme un placard, dans la pièce de vie. De chaque côté du noyau central, viennent se loger les lits superposés des enfants, telles des couchettes de bateau. Enfin, la salle d’eau attenante à la chambre des parents située à l’opposé du salon. La famille Orain et ses enfants a vécu « un peu à l’étroit dans ce haricot primitif durant dix ans », avoue Marie-Jo. Avant de confier, une décennie plus tard, la réalisation d’une extension à un maître d’oeuvre. Sans pour autant approuver l’idée d’ajouter un appendice au haricot, Le Flanchec a toutefois validé ce travail bien intégré. Le rez-de-chaussée préau a été fermé et transformé en salon. Alors qu’un volume rapporté en R+1 a été “greffé” avec délicatesse au bâti initial pour créer des chambres supplémentaires. Depuis, la maison coule des jours paisibles. Toujours dans son jus, elle n’a pas pris la moindre de rides…

 Anne-Elisabeth BERTUCCI

Année de construction : 1950

Architecte : Roger Le Flanchec

Situation : Lannion, Côtes d’Armor

ZF3A5898

 

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s