Viens chez moi, j’habite une Tiny house

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Michel Ogier

Crédit Michel Ogier

12 m2 ! Vivre à deux dans un espace si réduit. Possible ? Affirmatif répond ce jeune couple qui a fait le choix de la Tiny house, cette toute petite habitation en bois, écologique et mobile. Leur motivation ? Vivre léger et confortable. 

Julie est architecte d’intérieur et Lucas, menuisier. Depuis le printemps dernier, ils habitent une Tiny house, posée dans la campagne morbihanaise, près d’Auray. Cette habitation minimale en bois, dispose d’une surface très réduite (12 m2). D’où l’adjectif, Tiny, -minuscule en anglais-. Importé des États-Unis, ce mode d’habitat alternatif se distingue certes par sa taille mais aussi par sa mobilité. Toujours sur roues, montée sur une remorque routière homologuée et attelable à une fourgonnette, la Tiny (4 m de haut 8 m de long) a été pensée pour circuler. Mobile certes, cette maison sur roues (2, 5 à 3, 5 tonnes) entièrement bardée de bois, n’est toutefois pas comparable à une caravane ou un camping-car. La Tiny n’est pas un modèle réduit de maison. Plutôt un habitat minimal, avec un plan fonctionnel, à l’image des cellules de Le Corbusier ou de son fameux cabanon. L’essentiel est présent et en bonne place.

« Jay Shafer, le concepteur s’est posé une question essentielle : De quoi ai-je besoin pour vivre ? Un lit, une salle de bain… Avoir chaud en hiver pas trop en été, bouger facilement… La Tiny est une réponse à tout cela. », raconte Michaël Desloges, qui avec Yvan Saint-Jours et Bruno Thierry a développé le concept en France depuis 2013. On se pose (presque) où l’on veut, un terrain de 50 ou 70 m2 suffit. Certains habitants bougent, d’autres pas ou peu. »

Outre-Atlantique, la crise du logement a favorisé l’émergence des Tiny dès les années 2000. Pour certains, il s’agit d’un choix de vie assumé. « Nous habitions une maison spacieuse en location, relate Lucas. De par nos activités professionnelles, nous avions envie de réaliser notre propre habitat. Sans pour autant nous engager dans un prêt bancaire sur 35 ans… La Tiny house est apparue une solution alternative pour diminuer le budget, tout en offrant la possibilité de vivre à proximité de notre travail.  Un scénario impossible si nous avions dû acheter un terrain, trop cher pour nous dans cette région littorale. »

Livrée équipée ou à finir

Mais alors comment vit-on dans si peu d’espace ? Et à deux ? « On ne se sent pas à l’étroit car il y a trois mètres sous plafond, affirme Lucas. Les ouvertures, les murs blancs, les dimensions du mobilier adapté, l’espace nuit déporté en mezzanine, apportent la sensation d’espace. Non, on ne se cogne pas aux murs ! » Le jeune couple apprécie toutefois de pouvoir stocker des affaires personnelles ailleurs…

La structure est composée d’une ossature bois (pin douglas) issue d’une scierie locale, isolée avec des matériaux biosourcés (chanvre, lin, coton, fibre de bois…). Equipée d’une VMC double flux, la Tiny se comporte comme une maison à très basse consommation. Pas besoin de chauffage ou presque. Chez Julie et Lucas, on entre par une terrasse couverte. Une fois passé la porte, on trouve le coin cuisine équipé, un petit salon autour d’un poêle, la salle de bain et les toilettes. La mezzanine comprend un placard à vêtements et un lit, sous une lucarne. L’habillage en lambris clair, les trois fenêtres bien positionnées contribuent à repousser la sensation d’étroitesse.

Conçues selon le cahier des charges établi avec les futurs habitants, les Tiny sont bien sûr livrées avec les branchements adéquats pour l’eau et l’électricité. Certains résidants comme Julie et Lucas, installent des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité et un chauffe-eau solaire. Un pas de plus vers l’autonomie.

Pratique

Prix tout équipée : 32 000 à 40 000 €

Prix à finir : 19 à 25000 €

12 semaines de délai de construction

Latinyhousejulieetlucas.jimdo.com