Renzo Piano : « Il faut construire pour une bonne raison »

Portrait Renzo Piano__crédit Stefano Goldberg

Renzo Piano crédit Stefano Goldberg

« Je suis architecte à 9h, ingénieur à 10h, artiste à 11h… ». Renzo Piano a le sens de la formule. Il sait apporter la bonne réponse à la question posée. À l’oral comme sur la planche à dessin. Pour preuve : prenez un à un les bâtiments qu’il a réalisés. Tous singuliers. Rares sont ceux qui ont mal vieilli. Piano écoute, cherche et propose une solution. Bien entouré d’une équipe de 150 partners (associés) et collaborateurs qui constituent les forces vives de son agence, le Renzo Piano Building Workshop (RPBW).
Ce fils de constructeur, originaire de Gênes, la ville port italienne, n’a jamais perdu de temps. Après un apprentissage auprès de grands noms de l’architecture tels que Jean Prouvé ou Louis Kahn, sa carrière démarre fort. Très fort. En 1971, à l’âge de 34 ans, il remporte en duo avec son compère de l’époque, le Britannique Richard Rodgers, le concours international pour la construction du centre Georges Pompidou à Paris. « On était vraiment jeunes. Quelle aventure ! Passer du travail de bureau à un tel projet ! », se souvient-il avec un enthousiasme intact.

Premières oeuvres.

Premières oeuvres.

Piano n’avait pour ainsi dire jamais construit avant Beaubourg. N’ayant fait jusqu’alors que « des gammes ». Des assemblages de modules de toitures légères et de parois en plastique tendues car des câbles d’acier. Les éléments de son futur vocabulaire. Aujourd’hui, l’homme à la silhouette longiligne et au chic italien impeccable est devenu une star. Il sait fendre la foule, avancer sans froisser en distribuant aimablement des poignées de mains, entouré d’une noria de fans et d’attachées de presse… Jusqu’au 29 février 2016, la cité de l’architecture à Paris consacre ses 50 ans de carrière par une exposition intitulée La Méthode Piano. Ravi par le choix des projets présentés (une quinzaine au total), il maestro apporte son commentaire au titre de la monographie. Selon lui, « cette méthode aurait plus à voir avec un processus de création qui irait du général au détail et du détail au général, comme me l’a appris mon maître, Jean Prouvé. Plutôt qu’avec la recherche d’un style »

La fondation Pathé Seydoux (2006-2014), Paris, 13e arr. trouve sa place derrière la façade d'un ancien théâtre, ornée par des sculptures de Rodin. Dans un espace très contraint, très étroit, Piano a imaginé une forme organique, quasi animale coiffée par une spectaculaire verrière au dernier étage et prolongée par un jardin minimaliste en fond de parcelle.

La fondation Pathé Seydoux (2006-2014), Paris, 13e arr. trouve sa place derrière la façade d’un ancien théâtre, ornée par des sculptures de Rodin. Dans un espace très contraint, étroit, Piano a imaginé une forme organique, quasi animale coiffée par une spectaculaire verrière au dernier étage et prolongée par un jardin minimaliste en fond de parcelle.

Néanmoins, des constantes marquent son travail : le goût de l’expérimentation, la quête de légèreté, une adaptation fine au contexte (climatique, social, patrimonial, géographique…) d’où découlent toujours ses choix techniques. On ne construit pas de la même manière au cœur d’un îlot urbain du XIIIe arrondissement parisien (la fondation Seydoux) et au bord du Pacifique sous les alizés de la Nouvelle-Calédonie (centre culturel Jean-Marie Djibaou à Nouméa). «  L’architecture est un métier de frontières qui associe l’art, la société, la technique, la science, l’invention. Il est impossible de donner « la » formule. Bâtir, c’est comprendre ce que les gens ont à dire. Et, c’est aussi l’art de raconter des histoires. »

Le centre culturel Jean-Marie Djibaou à Nouméa (1991-1998) se compose de dix bâtiments en bois d'iroko, de forme courbe en référence à la case traditionnelle mélanésienne. De hauteur différentes (de 20 à 28 mètres), ces coques d'apparence archaïque sont dotées d'un système de ventilation très étudié et néanmoins naturel.

Le centre culturel Jean-Marie Djibaou à Nouméa (1991-1998) se compose de dix bâtiments en bois d’iroko, de forme courbe en référence à la case traditionnelle mélanésienne. De hauteur différentes (de 20 à 28 mètres), ces coques d’apparence archaïque sont dotées d’un système de ventilation très étudié et néanmoins naturel.

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