Viens chez moi, j’habite une Tiny house

ZF3A9543 ZF3A9638

Michel Ogier

Crédit Michel Ogier

12 m2 ! Vivre à deux dans un espace si réduit. Possible ? Affirmatif répond ce jeune couple qui a fait le choix de la Tiny house, cette toute petite habitation en bois, écologique et mobile. Leur motivation ? Vivre léger et confortable. 

Julie est architecte d’intérieur et Lucas, menuisier. Depuis le printemps dernier, ils habitent une Tiny house, posée dans la campagne morbihanaise, près d’Auray. Cette habitation minimale en bois, dispose d’une surface très réduite (12 m2). D’où l’adjectif, Tiny, -minuscule en anglais-. Importé des États-Unis, ce mode d’habitat alternatif se distingue certes par sa taille mais aussi par sa mobilité. Toujours sur roues, montée sur une remorque routière homologuée et attelable à une fourgonnette, la Tiny (4 m de haut 8 m de long) a été pensée pour circuler. Mobile certes, cette maison sur roues (2, 5 à 3, 5 tonnes) entièrement bardée de bois, n’est toutefois pas comparable à une caravane ou un camping-car. La Tiny n’est pas un modèle réduit de maison. Plutôt un habitat minimal, avec un plan fonctionnel, à l’image des cellules de Le Corbusier ou de son fameux cabanon. L’essentiel est présent et en bonne place.

« Jay Shafer, le concepteur s’est posé une question essentielle : De quoi ai-je besoin pour vivre ? Un lit, une salle de bain… Avoir chaud en hiver pas trop en été, bouger facilement… La Tiny est une réponse à tout cela. », raconte Michaël Desloges, qui avec Yvan Saint-Jours et Bruno Thierry a développé le concept en France depuis 2013. On se pose (presque) où l’on veut, un terrain de 50 ou 70 m2 suffit. Certains habitants bougent, d’autres pas ou peu. »

Outre-Atlantique, la crise du logement a favorisé l’émergence des Tiny dès les années 2000. Pour certains, il s’agit d’un choix de vie assumé. « Nous habitions une maison spacieuse en location, relate Lucas. De par nos activités professionnelles, nous avions envie de réaliser notre propre habitat. Sans pour autant nous engager dans un prêt bancaire sur 35 ans… La Tiny house est apparue une solution alternative pour diminuer le budget, tout en offrant la possibilité de vivre à proximité de notre travail.  Un scénario impossible si nous avions dû acheter un terrain, trop cher pour nous dans cette région littorale. »

Livrée équipée ou à finir

Mais alors comment vit-on dans si peu d’espace ? Et à deux ? « On ne se sent pas à l’étroit car il y a trois mètres sous plafond, affirme Lucas. Les ouvertures, les murs blancs, les dimensions du mobilier adapté, l’espace nuit déporté en mezzanine, apportent la sensation d’espace. Non, on ne se cogne pas aux murs ! » Le jeune couple apprécie toutefois de pouvoir stocker des affaires personnelles ailleurs…

La structure est composée d’une ossature bois (pin douglas) issue d’une scierie locale, isolée avec des matériaux biosourcés (chanvre, lin, coton, fibre de bois…). Equipée d’une VMC double flux, la Tiny se comporte comme une maison à très basse consommation. Pas besoin de chauffage ou presque. Chez Julie et Lucas, on entre par une terrasse couverte. Une fois passé la porte, on trouve le coin cuisine équipé, un petit salon autour d’un poêle, la salle de bain et les toilettes. La mezzanine comprend un placard à vêtements et un lit, sous une lucarne. L’habillage en lambris clair, les trois fenêtres bien positionnées contribuent à repousser la sensation d’étroitesse.

Conçues selon le cahier des charges établi avec les futurs habitants, les Tiny sont bien sûr livrées avec les branchements adéquats pour l’eau et l’électricité. Certains résidants comme Julie et Lucas, installent des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité et un chauffe-eau solaire. Un pas de plus vers l’autonomie.

Pratique

Prix tout équipée : 32 000 à 40 000 €

Prix à finir : 19 à 25000 €

12 semaines de délai de construction

Latinyhousejulieetlucas.jimdo.com

 

La Pipistrello, 50 ans et toujours aussi lumineuse

Pipistrello Oro, Martinelli Luce.

Pipistrello Oro, Martinelli Luce.

Ses ailes blanches éclairent depuis 50 ans les intérieurs chics du monde entier. Créée en 1965 par l’architecte et designer Gae Aulenti, la lampe Pipistrello, – la pipistrelle, la chauve-souris- figure parmi les classiques du design. Intemporelle et indémodable, on ne saurait classer cette belle élégante, tout à la fois pop comme l’époque où elle fut dessinée, mais aussi totalement art déco avec son abat-jour blanc aux formes ondulantes qui évoque les ailes déployées de la chauve-souris. Pas de hasard à ces réminiscences stylistiques : sa créatrice revendiquait l’influence de la Sécession Viennoise… Editée par la firme italienne Martinelli Luce, la Pipistrello est un jeu de construction savant mais discret. Reposant sur une base en aluminium, un tube en métal télescopique en acier inox satiné permet de hisser l’appareil de 66 cm à 86 cm de hauteur. Le fameux abat-jour rigide en méthacrylate blanc opalescent, de 55 cm d’envergure, est vissé par un pommeau en métal peint, sorte de poignée qui facilite son transport… Réglable, le système d’éclairage par quatre sources lumineuses reste le même, mais les ampoules ont été remplacées par des Led ou de la basse-tension. Pour son 50e anniversaire, la Pipistrello se pare d’or (2 520 €). Une version inédite et limitée jusqu’en décembre 2015 vient compléter la gamme de coloris existants (noir brillant, blanc, pourpre, aluminium satiné, argent et cuivre).

 

Un bâtiment, et plusieurs vies possibles

Faire du neuf avec du vieux. Le réemploi des matériaux et des bâtiments ne date pas d’hier. On se servait déjà de la pierre antique pour construire des ponts au Moyen-âge. Autre temps, autres crises, écologique et économique, la notion de recyclage urbain s’impose comme une évidence. Exit la tabula rasa de l’après-guerre. Le plan Voisin de Le Corbusier qui ambitionnait de raser le Paris haussmannien, nous apparaît comme une effrayante utopie.
Aujourd’hui, on ne détruit plus. L’urbain se recycle, la ville se reconstruit sur elle-même, par petites touches. Les urbanistes réparent, pansent, comblent. Symptomatique, on parle d’acupuncture voire d’orthopédie urbaine. Le bâti existant s’étoffe pour limiter l’artificialisation des terres agricoles et contenir l’étalement urbain. On met à profit les dents creuses, ces interstices urbains en friche. Les « cathédrales » de la société post-industrielle sont reprogrammées avec de nouveaux usages, bien souvent mixtes. Logements et équipements publics, lieux culturels et commerces, bureaux… L’exposition Un bâtiment, combien de vies ? à la Cité de l’architecture à Paris, montre combien l’acte de transformation  – souvent complexe techniquement -, nourrit la création architecturale comtemporaine. Francis Rambert, commissaire de l’exposition, commente ainsi trois exemples de reconversion marquants.

Architecte : OTH

Architecte : OTH

Le Kraanspoor, à Amsterdam. OTH Architecten, 2006-2007.
270 mètres de long, 13,50 mètres de haut : un monument portuaire de la ville que cet ancien chemin de roulement des grues datant de 1952. « Ce projet illustre le militantisme des architectes. La ville avait un projet de business park et voulait détruire cette infrastructure. L’agence OTH s’est battue pour que ce bâtiment qui faisait partie du paysage et du passé d’Amterdam, reste sur pied. Ils ont argumenté leur projet en soulignant le coût prohibif occasionné par une déconstruction. Ils ont eu gain de cause en proposant une réutilisation intelligente : le socle de béton supporte une nouvelle structure en acier recouverte d’une peau de verre. Le programme initial a été respecté : le Kraanspoor est bel et bien un immeuble de bureaux.»

L’alvéole 14, base des sous-marins, Saint-Nazaire. LIN architectes. 

Architecte : LIN

Architecte : LIN

« Les architectes ont transformé ici l’intransformable. Comment s’attaquer à cette ancienne base sous-marine réputée comme indestructible ? L’architecte Finn Geipel est intervenu de manière minimale, très fine sur la structure. Il aurait été beaucoup trop couteux de s’attaquer à cette masse de béton. En créant un plancher sur l’eau, une nappe lumineuse, des circulations, cette montagne dans la ville est devenue perméable. Réactivée, l’alvéole 14 muée en lieu culturel (salles des musiques actuelles et des formes émergentes) s’est ouverte au public. »

Architecte : MVRDV

Architecte : MVRDV

Gemini Residences-FrǾsilos, Copenhague. 2001-2005, MVRDV architectes.
« A Copenhague, lorsque le port s’est déplacé, la question de la reconquête de cette friche industrielle s’est posée. Parmi les bâtiments désaffectés, figuraient ces silos aveugles presque lugubres. A la brutalité de l’objet, MVRDV a répondu avec radicalité : plutôt que de percer les fûts, les architectes sont venus greffer l’habitat à l’extérieur de la carcasse, soit 84 logements. Le vide central a été transformé en lobby, espace de circulation, d’accueil. Les architectes ont fabriqué un bâtiment hybride qui s’oppose à une idée de la ville générique. On est là dans une métamorphose. »

Le village, l’école et la designeuse

Crédit photo : Michel Ogier

Crédit photo : Michel Ogier

Un petit bourg de 400 habitants au coeur de la campagne bretonne s’est fédéré depuis 8 ans autour d’un projet architectural hors du commun. La requalification de son école primaire Le Blé en herbe portée par la designeuse Matali Crasset. 

Dans la cour du groupe scolaire de Trébédan, petit bourg breton de quatre cents âmes, près de Dinan (Côtes-d’Armor), de hautes structures de jeux en bois interpellent le regard. Greffés au bâti, ces polygones aux allures de montgolfières sont signés par Matali Crasset. Des « extensions de générosité » dans le langage imagée de l’artiste. Aussi improbable que cela puisse paraître, la designeuse vient d’achever la requalification de cette petite école rurale de trois classes où sont scolarisés une soixantaine d’enfants. L’architecte Mathieu Le Barzic a piloté le volet opérationnel.

L’aventure a commencé il y a huit ans sous l’impulsion de la directrice de l’école Nolwenn Guillou et de sa collègue enseignante Valérie Ronsoux. « Les locaux vétustes et exigus n’étaient plus adaptés pour accueillir une nouvelle population d’enfants », se souvient la jeune femme.

Pour le bourg, rénover cette école qui irrigue la vie sociale, c’est faire une promesse d’avenir. Un groupe (des élus, des habitants, des retraités, des parents d’élèves) se fédère alors autour du projet naissant avec un objectif fort de mutualisation des futurs bâtiments. Par l’intermédiaire du CAUE des Côtes-d’Armor, les enseignantes se saisissent du protocole des Nouveaux commanditaires. Initié par la fondation de France en 1993, ce dispositif permet à tout un chacun de passer une commande à un artiste. Un médiateur, en l’occurrence, l’association Eternal Network, vient en appui dans la démarche pour préciser le projet et établir le lien avec l’artiste. « Le choix s’est porté sur l’univers créatif de Matali Crasset car il faisait sens avec le monde de l’enfance et de la transmission. », note Éric Foucault d’Eternal Network.

« Le temps fait partie du projet »

Outre le soutien financier de la Fondation de France, la commune a bénéficié d’une dotation de l’Etat, du fonds européen Feder, du conseil général et d’une aide de la fondation Carasso. « Au vu des investissements importants – 1M d’euros-, nous avons privilégié un outil modulable qui puisse servir à tous », remarque Matali Crasset. Néanmoins la mise en commun des espaces n’a pas qu’une seule vocation économique, l’idée de partage étant un point fort du programme. « Ce projet matérialise quelque chose à l’oeuvre ici, à Trébédan. Un goût du vivre ensemble. L’école en est le pivot. C’est un réservoir d’optimisme qu’il fallait mettre à profit », poursuit la designeuse.

La mixité des usages se manifeste dans l’organisation des espaces notamment au niveau de l’extension prévue pour accueillir la cantine et la salle de motricité. Ce nouveau volume en béton largement vitré servira aussi de salle de partage, ouverte à tous les habitants du village. L’autre volume neuf qui lui répond de l’autre côté de la cour, abrite la troisième de salle de classe et un dortoir grand luxe, équipé de lits capsules imaginés par Matali Crasset. Il se prolonge par un second préau dédié aux jeux de glisse, les fameuses extensions de générosité et autres passerelles ou toboggans. Entre ces deux ailes, le corps du bâtiment initial et ses deux salles de classes ont été rénovés. Le choix technique s’est porté sur l’inclusion d’une boite autonome en ossature bois dans la maçonnerie du bâti traditionnel. Une option qui a permis d’atteindre les objectifs de performance thermique proche du passif souhaités. Un préau fluidifie la circulation, tel un trait d’union entre les parties neuves et rénovées.

Au-delà de l’architecture, le récit commun

Le CAUE 22 a déjà accompagné plusieurs protocoles des Nouveaux commanditaires : à Plougonver avec Claude Lévêque ou encore à Saint-Thélo avec Tadashi Kawamata. Le Blé en herbe ajoute une étape supplémentaire. Un parcours dans l’art et l’architecture se dessine peu à peu sur ce territoire rural. Tout au long du chantier, Nolwenn Guillou et Valérie Ronsoux ont associé les parents d’élèves, les habitants du bourg et les élèves autour de ce chantier « habité ». Le rêve d’école a pris forme grâce aux énergies locales. Et, c’est bien. L’aventure peut continuer.

LC 50 : Cassina rafraîchit la collection Le Corbusier

A l’occasion du cinquantenaire de la disparition de Le Corbusier, l’éditeur Cassina revisite la collection LC avec des choix de fabrication plus écolo et une palette de couleurs contemporaines.

CASSINA LC4 Villa ChurchLC4, la mythique chaise longue designée par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand en 1928, revue et corrigée ? Sacrilège ! Le pape de l’architecture moderne aurait-il apprécié que son éditeur officiel depuis 1965, à savoir la maison Cassina, prenne cette liberté ? Sans nul doute, si d’outre tombe, il avait pu découvrir les motifs (avouables) de l’affaire.

En effet, la collection LC 50 a été lancée en cette année 2015, pour commémorer le cinquantenaire de la disparition de l’architecte des architectes. Cela fait aussi 50 ans que l’éditeur italien a été choisi par i maestro lui-même pour produire son mobilier… Le double anniversaire imposait un événement à la hauteur.

La « machine à repos », telle que la surnommait ses auteurs, revient avec des finitions actuelles et des choix de fabrication plus écologiques. Ce n’est pas parce qu’on a presque cent ans que l’on ne peut pas s’adapter à son époque. Partant de ce principe, Cassina a donc laissé tomber un certain nombre de produits chimiques utilisés pour le chromage de la structure tubulaire de la collection LC. Mêmes options pour le tannage des cuirs et le traitement des fibres textiles pour les assises et les coussins.

Autre innovation, la palette de couleur s’adoucit pour passer aux tonalités de l’époque : mastic, gris, taupe, viennent compléter la palette des couleurs primaires chères à Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret.

Cependant le confort de la LC4 avec son réglage continu, demeure inchangé :  la forme de la balancelle épouse le corps humain pour un repos complet. Sa stabilité est assurée pour n’importe quel angle d’inclinaison. Les appui-têtes et repose-pieds amènent un bien-être inégalé. N’est pas une icône qui veut…

Dévoilée au grand public lors du salon d’automne de Paris en 1929, LC4 est née d’une commande pour la rénovation de la villa Church, située à Ville-d’Avray. En collaboration avec son cousin Pierre Jeanneret et la jeune Charlotte Perriand, Le Corbusier imagine un mobilier révolutionnaire … LC1, le fauteuil à dossier basculant, LC2, le fauteuil grand confort, le tabouret LC9, la table, LC6, etc. En 2015, la série cartonne toujours et probablement pour longtemps.

Les aires de jeux, territoires d’aventure de nos enfants

Explorer sans danger. Des bambins qui s’élancent depuis une tyrolienne. Des filets arrimés à un mât pour grimper tout en haut. Des toboggans pentus pour de longues glissades… Les aires de jeux pour enfants ont bien changé. De plus en plus fréquemment intégrés à des projets plus vastes d’aménagements paysagers, ces sites cultivent le goût de l’effort, la curiosité, une forme de prise de risque (très) contrôlée.

BASE

Quartier Belleville à Paris. Agence BASE

A l’image du « jardin tout terrain » réalisé par l’agence BASE (Bien aménager son environnement) à Paris dans le quartier de Belleville. Une référence en la matière.  Balançoire, bacs à sable et tourniquet restent incontournables. Cependant le petit square clôturé s’ouvre, cédant le pas à des terrains de jeux aux apparences chaotiques équipés de murs d’escalade, de cordes lisses et autres parcours d’équilibre. Le tout dans une expression formelle plutôt abstraite afin de laisser libre cours à l’imagination des enfants.

Le grain de sel des artistes. Comme le souligne Clément Willemin, paysagiste chez BASE, cette conception actuelle trouve ses origines dans l’après-guerre  : « En Allemagne, dans les villes frappées par les bombardements, les enfants s’amusaient sur les sites en ruines qui par la suite ont été réaménagés à cet usage . » Et ces « Spielplazt » ont fait école… Dans les années 60-70, artistes et designers se sont investis dans ce type de projets, notamment au coeur des grands ensembles et des villes nouvelles. En France, le duo d’artistes Les Simonnet a proposé des structures colorées et modulaires qui semblent avoir un lien de parenté avec les girondes « Nanas » de Niki de Saint-Phalle. Aldo Van Eyck au Pays-Bas, et Theodor Sorensen au Danemark ont renouvelé le genre en introduisant des structures géométriques abstraites dans les parcs pour enfants, amenant ainsi la notion de territoire de jeux.

Souhaits éducatifs. Partant d’une réglementation complexe, les concepteurs parviennent aujourd’hui à garantir la sécurité tout en titillant ce sens de la découverte. A Belleville, ce point de vue répondait aux souhaits des habitants du quartier associés à la conception du parc via un processus participatif. « Notre projet a été sélectionné car il mettait prioritairement en avant l’idée de « prise de risque ». Or, ce point arrivait en tête des souhaits des habitants et parents. », relate Clément Willemin. Ce qui correspond à une orientation éducative marquée de notre époque : la recherche d’autonomie…

BASE

Lyon-Agence BASE

Les parcs urbains dernière génération préfèrent donc une géographie à une architecture. Avec du relief, de la pente, des végétaux, comme un paysage. Un petit monde de perceptions à arpenter… Les motifs figuratifs sont remplacés par des éléments de suggestion. Exit le bateau pirate ou la maison de poupée. Les cabanes comme celle réalisées par deux jeunes architectes de Tel Aviv, Deborah Warschawski et Ifat Finkelman pour le playground du musée d’Israël, semblent flotter autour des arbres. Ils deviennent des supports à l’imaginaire et aux scénarios que les enfants adorent dérouler seuls ou à plusieurs. Malmenées par l’énergie de nos minots, ces aires ont une espérance de vie limitée.  Ça, c’est immuable. Une quinzaine d’années tout au plus. Le temps d’une génération d’enfants et de parents.